Sorry, your browser does not support JavaScript! Les Trib' d'Hermily: L'élégance des veuves d'Alice Ferney - Une éternité
('d')
('M')

11 août 2016

L'élégance des veuves d'Alice Ferney - Une éternité


Source: amazon.com



    Il y a quelques semaines je découvris la bande annonce d'un film de Tran Anh Hung au casting cinq étoiles, Éternité. Je fus de suite enthousiasmée par les quelques extraits du film dont la sortie dans les salles obscures est prévue pour septembre (Patience Marie, c'est pour bientôt!). Le film est adapté d'un roman d'Alice Ferney que je ne connaissais pas avant d'avoir lu ce roman, il s'agit de L'élégance des veuves (1995). Ni une ni deux, j'ai commandé le roman il y a plusieurs jours et je l'ai dévoré! 

Résumé

    "  " Le spectacle se donne sans fin. Car l'instinct fait germer la chair, le désir la pousse, la harcèle quand elle s'y refuse, jusqu'à tant qu'elle cède, s'affale, se colle à une autre, et que s'assure la pérennité des lignées amoureuses. "
Cela se produit de multiples fois, sans relâche, cela s'enchaîne avec beaucoup de naturel et de grâce. Un cycle sans fin pousse les femmes à se marier, à enfanter, puis à mourir. Ainsi va le temps, secoué par le rythme des naissances et des morts, quand le besoin de transmettre l'emporte sur le désespoir de la perte d'un être cher. Un long fil de désir passe au travers des générations.
Ce court roman d'une douce gravité est un hymne à la vie et au pouvoir fécondant de la femme. " Éditions J'ai lu


Source: senscritique.com


 Mon avis

   A la réception du roman j'ai été étonnée de voir qu'il était court, à peine cent vingt pages pour parler d'une famille sur quatre générations (Zola je te mets au défi de le faire là où tu te trouves!). Forcément je me suis dite que l'auteur n'allait pas aller dans les détails. Mais Alice Ferney le fait, à sa manière du moins. Le roman s'ouvre sur Valentine qui épouse Jules. Tout de suite le ton est donné, les parents de Valentine auront une descendance qui gonflera de façon exponentielle: " Arthur et Julie Bourgeois eurent cinq filles. Deux d'entre elles moururent jeunes. Les trois autres, Hélène, Henriette et Valentine, convolèrent en justes noces. D'elles sont issus dix-huit petits-enfants, quarante-trois descendants à la deuxième génération, cent cinquante-quatre à la troisième, et à ce jour quatre-vingts déjà à la quatrième. ". Valentine donnera huit enfants à son époux.

    Valentine se marie à la fin du XIXème siècle à Jules, le roman se termine sur l'une de ses arrières-petites filles à la fin du XXème siècle, cent ans plus tard. L'auteur décrit une société, bourgeoise de surcroît et fervente catholique qui enfante sans jamais s'arrêter. On ne parle pas d'un personnage mais d'une famille agissant selon les codes de son époque, c'est pourquoi je pense qu'il s'agit d'un roman de mœurs.  L'auteur s'intéresse principalement aux femmes sous les portraits de plusieurs femmes: Valentine, Mathilde et Gabrielle. Alice Ferney nous interroge sur la place de la femme bourgeoise à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle dans la société. Son rôle est simple: épouser un homme et lui donner une longue descendance. Ainsi Valentine, Mathilde et Gabrielle enfanteront et auront des destins très différents, souvent dramatiques...

    Mais que dire de la place des hommes dans ce court roman? J'ai envie de dire, ils se ressemblent tous en général: ils aiment leurs femmes mais ils ne sont pas des mères! Ils n'aiment pas leurs enfants avec la même ferveur et semblent dépasser par l'intérêt porté à leurs enfants par leurs épouses: " Elle essayait de raconter les choses que faisaient ou disaient les petits. [...] Mais elle voyait bien qu'il ne partageait pas cela. [...] Il n'était pas sensible de la même manière qu'elle [...] . Mathilde n'en voulait pas à son époux de mal mesurer cette magie vitale, en un sens elle le plaignait, pour rien au monde elle n'aurait échangé sa place contre la sienne. " . 
    L'amour est présent tout au long du roman: des mères à leurs enfants, des époux à leurs femmes et vice-versa. Dans l'époque décrite dans cet ouvrage, les mariages arrangés étaient un fait commun que connaitront Gabrielle et Charles. L'amour n'est pas toujours une évidence comme le dira Charles à sa future épouse: " Gabrielle, je ne veux pas dire encore je vous aime, mais j'ai la résolution et l'ardeur pour le faire [...] . Nous apprendrons. [...] L'amour n'est jamais donné [...] . Gabrielle voulez-vous être mon épouse et ma vie? ".

   Et puis il y a la mort, présente dans le titre du roman par le mot "veuves". Des maris partiront, des femmes les suivront ou les précèderont mais aussi des enfants seront arrachés aux bras de leurs mères pour qui des prières seront récitées pour la paix de leurs âmes. Croire, prier Dieu, croire ou ne pas croire. Certains comme Henri seront de fervents catholiques malgré les drames qui frapperont leurs existences, d'autres se détacheront de Dieu comme Valentine brisée par la pertes des êtres qu'elle chérissait. 

    La mort, la vie, l'amour... Un cycle interminable, un foisonnement interminable des engendrements, tel est leur existence, celle qui nous a engendré.
Le roman se termine sur l'une des arrières-petites-filles de Valentine, elle n'est ni nommée, ni décrite. De son destin, le lecteur n'en saura que quelques lignes. Elle n'est que le symbole d'une nouvelle génération de femmes, la nôtre que nous sommes en train d'écrire.

    Un très bon roman que j'ai dévoré bien trop goulument. Une romancière à l'écriture délicieuse et délicate qui me fait penser à un macaron: une pâtisserie raffinée mais si facile à déguster!


Ma note: 16/20

Et toi, tenté(e) par ce roman?

 


 
Rendez-vous sur Hellocoton !

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Un petit mot féerique ♥

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...